Expérimentation de caméras portatives pour les arbitres
Publié le 11/02/2026
Une étape concrète de ce dispositif a été franchie le dimanche 8 février 2026. Le Président du District de la Gironde – Alexandre GOUGNARD, accompagné de Patrick GRENIER, Président de la CDA, et de Victor BORIE, Conseiller Technique Départemental des Arbitres, s’est rendu au stade de la Piscine à Villenave d’Ornon pour superviser la mise en place des caméras lors de rencontres officielles.
L’opération a permis de tester le fonctionnement du matériel en conditions réelles, de former les arbitres à leur utilisation et de recueillir des retours précieux pour optimiser le dispositif avant un déploiement plus large.

Une initiative concrète pour un football plus sûr
Cette expérimentation démontre la détermination de la Fédération Française de Football à agir directement sur le terrain pour protéger les arbitres et promouvoir un environnement sportif respectueux pour tous. Elle envoie un message fort à la communauté footballistique : la FFF prend très au sérieux les violences et incivilités et met en place des mesures concrètes pour les prévenir.
Un outil dissuasif et protecteur
La caméra portative constitue avant tout un outil de prévention. Portée par l’arbitre, elle a pour but de dissuader les comportements inappropriés et de rappeler que paroles et actes sur le terrain peuvent être enregistrés et analysés. Les images captées peuvent ensuite être transmises aux commissions de discipline en cas d’incident, renforçant l’efficacité des procédures et la crédibilité des décisions prises.
Un déploiement ciblé et basé sur des données concrètes
Pour cette première phase, le dispositif concerne 39 districts, dont le District de la Gironde. Cette saison, cinq caméras ont été mises à disposition dans le département. Les premiers retours sont très encourageants, à l’instar de l’expérience menée dans le district de la Loire, où aucun incident n’a été constaté sur près de 140 matchs équipés du dispositif sur les cinq dernières années.
Les arbitres au cœur du dispositif
Les retours des arbitres sont unanimement positifs : ils se sentent mieux soutenus et renforcés dans leur mission, reconnue par la loi Lamour de 2006 comme un service public, avec des sanctions pénales prévues en cas de violences à leur encontre.
L’objectif de la FFF est clair : fournir rapidement aux ligues et districts des outils concrets, laisser le temps à l’expérimentation, puis dresser un bilan en fin de saison pour décider d’une généralisation ou d’une obligation réglementaire. Pour la saison actuelle, la Fédération consacre 3,4 millions d’euros à la protection et au déploiement de l’arbitrage dans les ligues et districts. À ce jour, près de 80 % des mesures prévues sont déjà mises en œuvre ou en cours de réalisation, illustrant la volonté de la FFF de transformer durablement les pratiques.
Caméra, mode d’emploi
Un usage strictement encadré et sécurisé
Face au risque pour les droits et libertés des personnes concernées, la FFF a réalisé une Analyse d’Impact relative à la Protection des Données (AIPD), aux fins de rendre le dispositif respectueux de la vie privée et de démontrer sa conformité au RGPD. La FFF a rédigé une « AIPD Cadre » étudiée et approuvée par la CNIL. Le stockage et l’utilisation des images se fait via une plateforme sécurisée. Les caméras sont du modèle de celles utilisées par les policiers. En cas de vol, impossible d’en extraire les images (pas de carte SD).
Quel est le fonctionnement d’une caméra ?
- La caméra tourne en permanence, mais les images sont enregistrées uniquement quand l’arbitre appuie sur le bouton d’enregistrement.
- Grâce à une mémoire tampon, l’enregistrement débute automatiquement 30 secondes avant le déclenchement du bouton enregistrer, afin de capter l’incident qui aurait incité l’arbitre à l’activer.
- L’enregistrement s’arrête dès que l’arbitre appuie sur le bouton stop.
- En cas d’activation par l’arbitre central, un voyant lumineux s’allume, afin que les personnes concernées soient informées de cette activation.
- L’activation de la caméra par l’arbitre est autorisée dans les zones suivantes : le terrain, les accès au terrain, les déplacements de l’arbitre central et le cas échéant dans le vestiaire de l’arbitre central.
Que deviennent les images après le match ?
- La conservation des images porte sur les 30 dernières secondes qui précèdent l’activation et jusqu’à l’arrêt de l’activation par l’arbitre central.
- Si aucun fait n’a été révélé dans les rapports des officiels (arbitres, délégués), les images enregistrées sont détruites.
- Les images enregistrées sont stockées sur une plateforme dédiée. Seuls des référents caméra (1 ou 2 par District) possèdent les codes pour y accéder.
- Tout accès à la plateforme (dépôts des images, visionnage, extraction) est tracké : on sait qui a regardé quoi et quand.
- Une Commission de discipline a 30 jours après la date du match pour réclamer les images.
- Les enregistrements sont transmis sur support sécurisé par le référent caméra. Ils peuvent être présentés à l’audience. Les enregistrements sont conservés le temps de la procédure disciplinaire, puis supprimés.


